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Les Coursiers Suzerains

Départ de Jimmy de chez DEN vers Vital Concept

Article paru sur VELO-CLUB.NET

 

Interview : Jimmy Engoulvent "Je pars en bon terme"

 

 

Après 2 saisons passées chez Direct Energie, le Directeur Sportif attitré au sprint chez Direct Energie va, tout comme Bryan Coquard, continuer son parcours chez Vital-Concept.

 

 

«L'équipe a fait des choix et ça, je l'assume»

 

 

 

Quelle expérience tirez-vous de ces 2 dernières années chez Direct Energie ?

 

C'était une bonne expérience. Ça m'a permis d'avoir la reconversion que je souhaitais quand j'étais coureur et je suis reconnaissant vis-à-vis de Jean-René Bernaudeau de m’avoir fait cette proposition. Ça a été assez intense quand je suis arrivé dans l'équipe. Nous avons eu pas mal de bons résultats également, en début de cette année. Après, le départ de Bryan a fait pas mal de mal à l'équipe, sachant que ça ne s’est pas forcément très bien passé. On en a subi un petit peu les conséquences et, même si les résultats sur le Tour de France ont été très bons, ça nous a tout de même handicapé pour la fin de saison.

 

Par ricochets, vous qui étiez proche du groupe de Bryan, son éviction vous a également concerné. Comment l’avez-vous vécu ?

 

Oui, c'est clair que l'absence de Bryan a impacté ma saison. À la fin de ma carrière de cycliste, j'étais motivé par ce projet autour de Bryan et du sprint. C'était là où je jugeais être le plus utile et le plus compétent. Mais, avec les relations qui se sont dégradées entre Bryan et Jean-René, j'en ai subi un peu les conséquences sachant que j'étais proche de Bryan et que j'évoluais très souvent avec lui. Mais voilà, c'est à moi d'assumer aussi tout ça! J'ai voulu travailler autour d'un sprinter, l'équipe a fait des choix et ça, je l'assume. Moi aussi, j’ai du faire un choix ! C'est aussi pour ça que je pars chez Vital.

 

Vous auriez également pu travailler pour Thomas Boudat. C’était “tout pour Coquard” ?

 

Non, bien entendu. Au départ, je travaillais principalement pour Bryan avec qui j’avais plus d’automatismes. Mais, quand j'étais avec Thomas, je préparais et dirigeais la course avec la même motivation. Je voulais qu’on gagne un maximum, que ce soit avec Bryan ou bien avec Thomas. Si j'étais resté chez Direct Énergie, j’aurais continué à travailler pour le groupe dédié au sprint. Et le meilleur sprinter actuel de l’équipe, derrière Bryan, c'était Thomas Boudat.

 

Dans quel état d’esprit quittez-vous Direct Energie et Jean-René Bernaudeau ?

 

Les échanges avec Jean-René ont toujours été amicaux et très francs. Il n’y a jamais eu de problème de ce côté-là ni de mon côté. Et c'est aussi pour ça que je pars en bon terme et qu'on ne m'a pas embêté pour que je puisse changer d'équipe. Je ne peux que lui en être reconnaissant. On a vécu deux années ensemble où ça s'est plutôt bien passé et je veux garder en tête les bons moments, même si la fin était un peu moins réussie.

 

 

«Evidemment, le choix de Bryan d'aller dans cette équipe a pesé dans la balance»

 

 

 

De quand datent les premiers contacts avec Jérôme Pineau ?

 

Jérôme en parlait vaguement, à droite à gauche, et ce qui nous manquait, c'était d'avoir un projet concret. Le déclic, c'est quand Jérôme a annoncé officiellement la création de son équipe avec un budget conséquent. Bryan a pris sa décision et moi j'ai commencé à me demander si c'était la bonne décision. J'ai réfléchi assez longtemps, car, si ça c'était un peu dégradé ces derniers mois, j'étais quand même bien chez Direct Énergie, avec pas mal d'amis avec qui je travaillais parmi les coureurs ou bien le staff. J'aurais pu rester dans mon équipe où j'avais mon petit train-train quotidien mais j’ai aussi eu envie de participer à une création d’équipe qui était ambitieuse. Ma décision a été mûrement réfléchie.

 

Peut-on parler d’un “ticket” Coquard-Engoulvent ?

 

Non, Jérôme est un de mes amis, tout comme Bryan. Mais, à aucun moment, on s'est dit si que si on bougeait, on le ferait ensemble. Bryan avait des propositions en World Tour et, moi, c'était la seule opportunité qui pouvait me motiver de bouger de Direct Énergie. Bien évidemment, le choix de Bryan d'aller dans cette équipe a pesé dans la balance pour aller chez Vital Concept. Mais ce n'était pas la seule condition.

 

A quel moment vous êtes-vous décidé ?

 

Les premières discussions datent d’il y a assez longtemps. Avec Jérôme, on évoquait ce projet quand on se croisait de temps en temps et, à partir du mois de juillet, on a commencé à en parler plus sérieusement. J'ai pris ma décision pendant le mois d'août.

 

Votre projet, c’est “tout pour Coquard” ?

 

Oui et non. Le projet, c’est de continuer à travailler au sprint pour Coquard. Mais il ne faut pas oublier que l’on a d'autres sprinters qui sont capables aussi de gagner des sprints. Bryan est, pour l'instant, sur le papier, un ton au-dessus mais on attend aussi beaucoup des autres qui auront également leurs cartes à jouer.

 

 

«Il (Coquard) a une grosse envie de prouver sa valeur»

 

 

 

Malgré tout, la réussite et l'investissement de l’équipe tournent en majorité autour de la présence de Bryan Coquard. Ses résultats seront scrutés et vous y serez associé en partie. Cela vous inquiète-t-il ?

 

Mon rôle est important mais, même si je suis plus spécialisé au niveau du sprint, je ne pense pas que ce soit une personne unique qui trouvera la clé. On est plusieurs directeurs sportifs dans le staff et chacun apportera sa pierre.

 

Comment pensez vous que Bryan Coquard abordera cette nouvelle saison après les 6 derniers mois ?

 

Il a vécu des moments difficiles mais ils sont derrière lui. Je l'ai vu récemment et, même si je ne vais pas dire à sa place qu'il n'y pense plus du tout, il m’a l’air d’avoir tourné la page. Il est dans un nouvel environnement, avec pas mal de nouvelles têtes et des nouveaux coureurs autour de lui. Évidemment, il a une grosse envie de prouver sa valeur mais il n’est pas revanchard vis-à-vis de son ancienne équipe. Ce qu'il veut, c'est montrer qu'il a réellement les capacités de gagner sur le Tour.

 

Sauf qu’il n’est pas garanti que Vital-Concept soit de la fête en juillet. Craignez vous de ne pas en être?

 

C'est sûr que, le Tour, c'est le gros point d'interrogation. La sélection pourrait arriver au mois de février mais ce n'est pas une date fixe. Est-ce que ASO va attendre un peu plus longtemps pour voir ce que l'on peut montrer ? Je pense que ça va se passer comme ça, mais je ne peux pas parler à leur place.

 

Les enjeux du début de saison sont donc particulièrement importants ?

 

Oui, c’est sûr ! L’entame de saison va être très importante car on est attendu par l'ensemble du milieu du vélo et, notamment, par les organisateurs comme ASO. L'objectif, c'est de performer d'entrée de jeu dans les 2-3 premières courses importantes. On va essayer de faire de très bons stages pour être très performants d'entrée de jeu et influencer positivement les organisateurs.

 

Avez vous déjà dessiné “l’équipe type” qui entourera Bryan Coquard?

 

On a une petite idée, sans s‘être encore trop penchés dessus. Ça va dépendre de pas mal de choses et on aura les stages pour se faire une idée. De toute façon, c'est sûr que l'on a matière à mettre Bryan dans de bonnes dispositions pour gagner des grandes courses.

 

«J'ai toujours été contre les oreillettes »

 

 

 

Le futur Tour de France dessiné par ASO vous plaît-il ?

 

Oui, le tracé de ce Tour de France est attractif. Difficile sur la fin et pas mal d’étapes sont susceptibles d'arriver au sprint au début du Tour, donc plutôt bien équilibré. On sent bien qu’ASO a envie de faire du vélo plus attrayant et c'est bénéfique pour le milieu. Le fait de courir à 8 va dans le bon sens pour éviter que ce soit trop contrôlé, même si je ne suis pas sûr que ça change tant que ça.

 

D'ailleurs, la réduction des équipe à 6, qu’en pensez vous?

 

Il ne faut pas tomber dans l'extrême. Faire toutes les courses à 6 toute l'année, je suis sceptique, vu que certains organisateurs ont déjà du mal à avoir des pelotons suffisamment fournis. Par contre, que l'on mette un accent sur la sécurité, ça c'est important !

 

Et quid de la suppression des oreillettes ?

 

J'ai toujours été contre les oreillettes et ce n'est pas parce que je suis passé directeur sportif que je suis pour désormais. L'oreillette, dans certaines circonstances, ça change la course ! N’en déplaisent à ceux qui disent le contraire. L'argument de la sécurité, je le trouve un peu bidon. Et quand je courais, j'avais aussi un profil d’attaquant et j'étais parfois frustré de voir certaines équipes gérer tranquillement derrière, étant guidé par l'oreillette

 

D’autres suggestions pour le vélo ?

 

Non. Ce qu’ASO ou Lappartient proposent, ça fait longtemps qu'on a pas eu des bouleversements comme ça. On revient un petit peu à un vélo plus ouvert, moins stéréotypé. Et ça, c'est bien !

 

 

 

Propos recueillis par Bertrand Guyot

 



08/11/2017
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