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Les Coursiers Suzerains

La Cyfac 2018

Compte-rendu de Christophe ROTA

 

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Ce devait être, cela aurait dû être une magnifique journée !

 

Tout était réuni, la splendeur des paysages, la beauté et la rudesse du parcours, une organisation sans faille, un ciel bleu azure, un nombre conséquent de participants (un peu plus de 2200), un lendemain de belle victoire des bleus...

 

Oui mais voilà, la grosse chaleur étouffante, suffocante, étourdissante s'était invitée tandis que mes forces, mon énergie, mes jambes étaient aux abonnés absents !

J'avais pourtant plutôt bien préparé mon affaire ! Depuis deux mois et demi, je m'étais allégé, perdant un peu plus de 7 kilos et la veille, j'étais arrivé assez tôt à l'hôtel, ce qui me permit d'une part de pouvoir assister à la brillante prestation des bleus et d'autre part d'un peu mieux digérer le trajet de 5h en voiture. De plus, contrairement à mes habitudes, j'étais resté sérieux dans la composition de mes deux derniers repas.

 

Alors que s'est-il passé ? Pourquoi soudainement au 55e kilomètre, et alors que deux cols et demi avaient été effacés et que ma moyenne affichait un prometteur 24,5 km/h, je perdis pied ?

 

Avec le recul, je crois voir trois causes essentielles.

 

Tout d'abord, je suis arrivé fatigué. Fatigué de cette perte de poids, de ne plus manger, de ne plus dormir, de faire des journées de boulot interminables. Tout le mois de juin aura été marqué par cette impression-là…

 

Puis en me repassant le film de la course, force est de constater que je me suis lourdement trompé dans la gestion de mon hydratation. J'ai pour habitude, en course, de boire tous les 5 kilomètres. La seule différence, c'est que d'habitude, je ne suis pas en montagne et qu'il ne fait pas ces températures-là… 5 km d'habitude ça me fait environ 12 minutes, là 5 km en montée et à la triste vitesse qui était le mienne, ça faisait plutôt entre 30 et 45 minutes. Je me suis ainsi doucement mais sûrement déshydraté ! J'ai eu beau intensifier mon hydratation dans le col du Béal, un col interminable avec ses 22 kilomètres et surtout sa seconde moitié à 7-8 %, il était déjà trop tard, le mal était fait ! J'aurais avalé 7 ou 8 bidons sur le vélo mais l'essentiel à partir du moment où je me suis senti partir…

 

Enfin, la troisième cause, et elle n'est pas nouvelle chez moi, c'est la chaleur ! Je ne la supporte plus ! Il est loin le temps où j'escaladais, en plein après-midi et sans ciller, le Mont Farron par 40° à l'ombre. Cette chaleur, en plus de me cannibaliser mon énergie a la fâcheuse habitude de me brûler le pied droit ! Une sensation atroce où chaque coup de pédale est un supplice ! Quatre, cinq, six, sept, huit fois, je dû descendre de vélo pour marcher à côté afin de réamorcer la pompe sanguine du talon et d'expulser ce sang bouillant de mon extrémité ô combien douloureuse.

Alors, quand au 95e kilomètre, dans le col des Supeyres, la voiture balai arriva à ma hauteur tel un vautour qui se jette sur sa proie et me demanda ce que je comptais faire, je dis, honteusement et tristement, que je m'arrêtais là…

 

Cela faisait 40 kilomètres que je luttais, que tout le monde me dépassait, du papy cyclotouriste à la frêle jeune femme, du boutonneux sur un vélo de fortune au Contador ayant crevé trois fois déjà. Cela faisait plusieurs kilomètres que je titubais, un voile sur les yeux, zigzaguant sur la route.

 

J'étais complètement vidé, à bout de forces, les larmes aux yeux !

 

Je ne sais pas si je serai à la Saumuroise et ses 170 km dans 15 jours, je me laisse quelques jours pour y réfléchir mais ce dont je suis certain, c'est que l'année prochaine, je serai de retour sur cette Cyfac car il est impensable que j'en reste là avec cette course !

 

Et, pourvu qu'il fasse quelques degrés de moins, ce sera une toute autre histoire !

 

Profil et parcours

Les données

Le site du village d'accueil de la Cyfac à Ambert

L'entrée du village d'accueil

Retransmission de championnat de France Elite dames

Tout allait encore bien avec cette belle victoire des bleus !

Au départ...

Bon dossard (442) qui me permit de partir dans les premiers...

Interminable quand on est mal !

Un chemin de croix...

Et voilà où cela s'est terminé...



02/07/2018
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