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Les Coursiers Suzerains

Souvenez-vous - Episode 12 : les pavés du nord

Christophe Rota.jpg

(mis en ligne par CR)

 

Oh l'effort de mémoire n'est pas bien important car cela date de la sem&aine dernière mais ce que j'ai vécu sur le vélo mérite à mon sens de figurer dans cette partie du blog. Histoire aussi de partager cela ave vous, des gars qui savent de quoi je parle, qui savent ce que ça veut dire que de faire du vélo...

 

Pour échapper aux grosses chaleurs (raté le vendredi avec 37° mais réussi les autres jours) et à la foule, nous avions décidé dès l'année dernière de passer nos congés d'été dans le Nooooooooord ! A quelques centaines de mètre de la Belgique et à mi-chemin entre Lille et Valenciennes. Je ne pars jamais en vacances d'été sans mon vélo et comme tous les ans, j'avais programmé trois sorties 124 km, 129 km et 118 km.

 

La première fut l'occasion de goûter à Paris-Roubaix et donc à quelques pavés. Je ne suis pas un fervent amoureux des pavés mais je me suis dit que l'occasion était unique de voir ce qu'il en était exactement. Je n'ai pas été déçu ! C'est pire encore que ce que j'imaginais ! Je suis passé à Camphin en Pévèle, j'ai vu l'entrée du secteur du même nom, j'ai vu l'état des pavés, j'ai fait 10m dessus, histoire de, et puis j'ai fait demi-tour ! Ce n'était pas dans mon itinéraire mais j'ai voulu y poser mes roues... Par contre, dans mon itinéraire, j'avais programmé le secteur de Hem. Un secteur des plus faciles donc je m'étais dit que là, je pourrais y aller sans trop de soucis. Que nenni ! Un enfer ce secteur ! Les célèbres bandes de roulement des deux côtés sont super cabossées, c'est limite pire que les pavés ! Alors je suis resté sur le haut du pavé. C'est d'ailleurs une nécessité tant la route est bombée et quelques centimètres à droite ou à gauche vous projettent inévitablement sur le côté (dévers de malade !) surtout que les routes étaient encore mouillées de la pluie de la nuit précédente. Qu'est-ce que ça secouait ! Ca tapait de tous les côtés ! Mon admiration pour les pros de Paris-Roubaix n'en est que plus grande maintenant que j'ai vu ce qu'est un secteur pavé "facile". Un kilomètre et demi de tape-cul plus tard, j'étais enfin sorti du secteur. Je crois que je vais plus vite dans un col ! Mon itinéraire m'emenait ensuite à Roubaix. J'ai fait le dernier secteur pavé de la course, le Charles Crupelandt, 300m de turbulances, et puis je me suis retrouvé aux portes du vélodrome. Et là, joie, bonheur, extase ! Il était en accès libre ! Je ne me suis pas fait prié pour y entrer et j'ai donc fait mon tour de piste (comme Hinault, Moser, De Valeminck, Merckx, Museeuw, Boonen, Duclos, Madiot...). Je n'ai pas battu des recordes de vitesse car je me suis régulièrement arrêté pour prendre des photos ! Sorti de là, j'ai poursuivi ma route en contournant Lille par le nord puis en retombant dans des villages aux noms célèbres pour les connaisseurs : Attiches, Mérignies, Mons en Pévèle, Bersée, Nomain, Orchies...

 

La seconde allait m'emmener en Belgique du côté des terrils de Mons mais aussi et surtout à la célèbre trouée d'Arenberg ! Ce que je retiens du début de parcours (en Belgique), ce sont les routes en plaques de ciment mal jointes. Tous les dix mètres, paf ! C'est usant à force ! Et puis aussi des secteurs pavés en guise de traversée de village. Là-bas, il y a des villages entiers en pavés ! Et ils ne secouent pas moins qu'en France ! La zone des terrils à mi-parcours m'a permis de retrouver des côtes à escalader. Parce que dans le nord, c'est plutôt plat... Et puis enfin, le moment tant attendu est arrivé ! La trouée d'Arenberg avec son approche imprimée dans tous les esprits des passionnés de vélo (le terril et les puits de mine qu'on voit en hélico à la télé, et bein, je suis passé à côté !). Et puis la trouée, l'unique, l'infernale, l'incroyable ! Elle est merveilleusement affreuse, horrible, indigeste ! Rien qu'à voir les pavés dfisjoints, dans tous les sens, vous avez déjà mal partout ! Alors rouler dessus... Moi, j'ai roulé dix mètres puis... j'ai pris la bande de roulement qui, contrairement à Hem, est en très bon état. Drôle de sensation que de rouler dans un lieu vu si souvent à la télé. J'ai retrouvé toutes les images mais... en vrai ! Le faux-plat descendant, le pont sous lequel on passe, la mi-trouée où généralement il y a une caméra sur une grue, la remontée en léger faux-plat, la sortie du secteur avec ce virage sur la gauche et la grande route. Trop génial ! Ce jour-là, j'ai fini par la forêt de St Amand les Eaux et quelques routes bien sympathiques...

 

La troisième enfin m'offrait l'opportunité de rouler sur d'autres routes de légende, celles du Tour des Flandres ! La veille au soir, j'ai ressenti la necessité de revoir mon parcours. Bonne intuition car après analyse, l'itinéraire prévu m'aurait fait louper quelques coins célébres ou alors prendres de monts en sens inverse de la course que l'on connaît et cela aurait été bien dommage ! Mais avant de me frotter aux monts du Ronde, il me fallait atteindre ce secteur et en chemin, j'allais traverser Tournai dont le centre est tout en pavés disjoints et escalader le Mont St Aubert. Un mont aux pentes irrégulières sur une toute petite route. Après 39 km, les choses sérieuses pouvaient commencer avec le Kluisberg. Un mont asphalté sur une toute petite route avec des ruptures de pente alternant des passages à 10-15 % avec des replats. Dix kilomètres plus loin, c'était au tour du Vieux Kwaremont, mont mythique dans l'histoire du Tour des Flandres. Le fief d'Eddy Merckx ! 2400 mètres dont les 1600 derniers en pavés. Ca commence à 6-7 % puis vers le début de la zone pavée, un passage à 11,5 % et un replat à l'entrée du village avant de reprendre un peu de pente sur le haut. Je ne me suis jamais aussi bien senti sur les pavés ! Du pur bonheur que ce Vieux Kwaremont ! En haut du mont, on ne redescend pas tout de suite mais on passe sur une route dédiée à la course avec des panneaux montrant les coureurs qui ont marqué le Tour des Flandres et aussi avec le palmarès écrit sur la route, les années et les noms s'égrainant tous les dix mètres environ... Un gros coup d'oeil sur l'année 1992 et la victoire de Jacky Durand, dernier vainqueur français ! A l'issue de cette route (la van vlaanderen straat), je suis redescend puis j'ai attaqué le Hoogberg, 2,5 km de montée à 6 % de moyenne avec un passage à 9 %. Dans le prolongement, ce fut au tour du Hotondberg à 5-6 % de moyenne avant une descente vertigineuse ! Je quittais alors ce secteur historique et riche en exploits avec un petit pincement au coeur. J'aurais bien aimé pousser jusqu'au Mur de Gramont, au Tenbos, au Bosberg mais je n'avais pas le temps. Il me fallait rentrer et ce fut chose faite sur un terrain beaucoup plus plat avant les derniers reliefs de fin de parcours notamment du côté de Froidmont. J'effectuais mon retour en France dans les tout derniers kilomètres et par un chemin de terre plutôt intimiste et qui semblait caché (pour échapper à la douane).

 

Je garde de ce séjour de superbes images et de superbes sensations. J'ai hâte de revoir Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Le contexte sanitaire particulier de cette année a voulu que ces courses soient programmées dans les prochaines semaines. J'aurai moins de temps à attendre comme ça...

 

Quelques photos :

 

Sortie 1

 

Camphin en Pévèle :

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Hem :

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Hem :

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Roubaix

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Le secteur Charles Crupelandt :

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Le vélodrome :

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Le vélodrome (face à l'entrée) :

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Le vélodrome (premier virage) :

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Le vélodrome (devant la tribune) :

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Le vélodrome (la ligne d'arrivée) :

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A l'entrée du vélodrome (sur la gauche) :

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Mons en Pévèle :

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Sortie 2

 

Les pavés belges :

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Un terril :

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Une montée en pavés belges :

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Encore des pavés belges :

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Un des deux puits avant l'entrée d'Arenberg :

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A gauche de l'entrée de la trouée d'Arenberg :

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L'entrée de la trouée d'Arenberg :

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Aïe ! Aïe ! Aïe !

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L'enfer du nord :

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La sortie de la trouée :

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Sortie 3

 

En haut du Mont St Aubert :

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Eh oui, ici aussi, il y a des cols :

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Là, j'entre dans la légende... Le Vieux Kwaremont est tout proche :

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Le sommet du Vieux Kwaremont :

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La van Vlaaderen Straat :

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Le roi des belges :

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A quand un successeur ?

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02/08/2020
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